Information N°314 Septembre/Octobre 2023
Evènement cycle carbone : Forum ACP Energies du 20/10
Lors de la préparation de la prochaine COP28 à Dubaï et de son déroulement en décembre 2023 les émissions de carbone dans l’atmosphère vont mobiliser une fois de plus l’attention des médias et du public – inquiets à juste titre de l’aggravation de la crise climatique.
Décarboner les énergies et condamner à une fin rapide les énergies fossiles sont des mesures à 1ère vue évidentes que préconisent de nombreuses parties prenantes à la COP, et notamment les scientifiques du GIEC et organismes de recherches dont ils sont issus.
Et pourtant, est-ce vraiment là le meilleur moyen d’enrayer l’aggravation de la crise climatique ? Agira-t-on ainsi suffisamment rapidement sur les quantités nettes de carbone émises chaque année dans l’atmosphère pour éviter de dépasser les 2°C de réchauffement ?
Nous sommes à moins de trois semaines de notre Forum « Décarbonation » Pré COP 28 qui a l’ambition de proposer une plateforme d’échanges sur ces problématiques.
Rendez-vous donc à Paris, à l’Hôtel de l’Industrie, pour ce Forum (en hybride) le vendredi 20 octobre 2023.
Patrick Portolano et Jean Pierre Mariaccia ainsi que d’autres membres ACP Energies travaillent activement à finaliser la constitution des tables rondes de cet évènement. Plus d’une cinquantaine d’invitations personnalisées à participer au Forum ont lancés. Le panel de cette nouvelle Matinale rassemblera des experts des secteurs concernés par la décarbonation et de l’écosystème des énergies (fossiles et non fossiles). Des représentants du Ministère de l’Economie et de fonds d’investissement impliqués sur le climat ainsi qu’un économiste expert des finances publiques ont déjà répondu présents pour intervenir dans les discussions / débats.
La diffusion de cet événement se veut large et vous êtes appelés à vous y associer en relayant l’information auprès de vos cercles respectifs (membres ACP et réseau habituel, AOP, ExperConnect, membres Evolen…).
Nous espérons que vous assisterez nombreux à cette matinale vous permettant d’échanger avec les autres membres et sociétés présentes.
Pour cela il convient de vous y inscrire rapidement (50 participants maximum en présentiel) en cliquant sur le lien ci-dessous (utiliser les codes de réduction pour bénéficier des tarifs membres ACP Energies).
ACP Energies profite aussi de ce bulletin pour faire écho de la position de la Chambre Africaine de l’énergie (cf. extrait du Magasine de l’Afrique du 18/9/23 : « L’énergie renouvelable : chacun son rythme »).
Certes l’Afrique possède un potentiel en énergies renouvelables (EnR) non carbonées (hydroélectrique, solaire, éolien, géothermie) et en production d’H2 vert mais ce continent est aussi confronté à des défis quant à leur adoption. La CAE (Chambre Africaine de l’Energie) reconnaît l’importance de ces EnR, mais met en garde contre une transition trop rapide au détriment des besoins énergétiques actuels du continent. Bien qu’il y ait un avenir prometteur pour l’Afrique dans le domaine des EnR, la réalité actuelle est que de nombreuses régions africaines manquent toujours d’accès fiable à l’électricité (+ de 600 millions de personnes).
La CAE estime que la transition vers les EnR doit se faire de manière progressive, en parallèle avec l’utilisation du pétrole et du gaz pour ne pas compromettre le niveau de vie de la population. Contrairement à l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord qui ont développé une capacité significative en EnR, le continent africain reste en retard en termes de production de ces technologies.
Aussi la CAE souligne-t-elle que l’Afrique doit être autorisée à développer son secteur des énergies vertes à son propre rythme pour répondre à ses besoins énergétiques et insiste sur la nécessité d’une transition énergétique adaptée à la réalité du continent.
ACP Energies s’accorde également à dire qu’il est essentiel :
- de considérer les réalités énergétiques prévalant sur le continent africain (qui connaîtra une expansion économique et démographique considérable d’ici 2050),
- et d’envisager les perspectives qu’offre la capture et la séquestration du carbone (que ce soit au travers de solutions basées sur la nature ou les technologies),
dans la mesure où l’essentiel du mix énergétique primaire du Continent est aujourd’hui assuré par les énergies carbonées, en parts quasi-équivalentes : énergies fossiles et non fossiles (bioénergies).
Notre Forum « Décarbonation » Pré COP 28 aura donc pour objectif de favoriser un dialogue ouvert entre l’ensemble des maillons impliqués dans la gestion de la chaine anthropique du cycle du carbone dans la perspective de proposer des solutions concrètes et opérationnelles en faveur d’une décarbonation à long terme de l’atmosphère.
Nice Climate Summit 28-29 Septembre
Durant deux jours, le Nice Climate Summit a réuni des experts (2200 inscrits) de tous horizons, scientifiques, dirigeants de grands groupes ou de startups, économistes, personnalités du monde politique, français, africains, japonais, canadien… qui ont apporté leurs connaissances et leurs visions. Patrick Portolano et Jean Pierre Mariaccia nous représentant ont noué de nombreux contacts qui pourraient déboucher sur des affaires ou des adhésions..
Messages portés par ACP Energies : nécessité d’une neutralité géologique en carbone, de tracer le carbone fossile dans les circuits économiques si on veut réaliser une neutralité géologique en carbone et nécessité de continuer à utiliser des (bio)énergies carbonées si on veut mettre en place des circuits économiques de décarbonation de l’atmosphère. Constat : accueil positif mais énormément d’explications de base à donner
La route de la décarbonation, de la préservation du climat n’est pas un long fleuve tranquille. C’est un chemin semé d’embûches, de difficultés qui peuvent être techniques, culturelles, économiques ou technologiques. Eduquer, raconter, montrer, telles sont les meilleures façons de provoquer un changement d’attitude. On dit souvent qu’il faut sauver la planète Terre. Mais, ainsi que de nombreux chercheurs et experts le font remarquer, c’est bien davantage l’Homme qu’il faut sauver. La planète Bleue continuera de tourner, d’exister… mais quid des conditions d’existence pour l’Homme ? Ceci est la véritable interrogation. Une question… vitale.
L’association ACP Energies qui réunit des professionnels des hydrocarbures ainsi que des bioénergies et énergies renouvelables cherche depuis 2 ans à faire connaître un projet de résolution à présenter à une COP (Résolution de Neutralité Géologique en Carbone “Geological Net Zero”), qui permettrait de définir clairement les chaînes d’extraction et d’utilisation du carbone fossile et d’impliquer tous les acteurs utilisant ou vendant des hydrocarbures ou des produits charbonniers dans la séquestration géologique (sur le temps long) de flux de carbone équivalents à ceux extraits. Cette séquestration pourrait se faire dans des stockages souterrains, par minéralisation ou par toute autre méthode qui immobilise du carbone sur des périodes géologiques. En tant que spécialistes des hydrocarbures, nous savons que cela est possible techniquement et économiquement avec toutes les garanties de sécurité requises, dès lors que cela est fait avec rigueur et sous le strict contrôle d’une agence internationale mandatée à cet effet. La mise en œuvre d’une telle résolution pourrait aboutir à neutraliser en quelques années l’impact négatif des énergies fossiles sur le climat, tout en facilitant leur remplacement par des énergies carbonées de substitution et des énergies non carbonées.
En tant que professionnels des hydrocarbures, nous ne pouvons que constater l’impossibilité géopolitique qu’il y aurait à vouloir stopper net leur usage : quand bien même on y arriverait en Occident, l’Empire du Carbone Fossile (Europe de l’Est, Russie et pays avoisinant, Chine, Inde, Indonésie, Moyen Orient, Afrique, Amérique Latine et des régions entières des US et du Canada) d’où est extrait l’essentiel du carbone fossile ne l’accepterait pas. Il nous parait par contre plus opérationnel vis à vis du problème climatique d’isoler progressivement différentes chaînes d’approvisionnement/consommation et d’en responsabiliser tous les maillons par des voies incitatives vis à vis de la gestion des flux de carbone fossile extraits.
Par ailleurs, nous entendons tous beaucoup parler de décarbonation et par un glissement sémantique habile, certains acteurs laissent croire que pour décarboner l’atmosphère il suffirait de décarboner les énergies. C’est oublier que 91% des énergies primaires actuelles sont carbonées, qu’en 50 ans les énergies nucléaires, hydrauliques, solaire et éoliennes n’ont réussi à diminuer leur part que de quelques %. Les bioénergies (carbonées par définition) ont cru au même rythme que la production primaire cumulée de toutes les énergies et ont ainsi maintenu leur taux de 10% du total pendant cette période.
Nous pensons que les développer davantage en substitution d’énergies fossiles est une voie plus facile pour assurer la transition énergétique et moins pénalisante pour l’environnement qu’une électrification à outrance via la prolifération de parcs solaires, éoliens ou centrales nucléaires et toute l’infrastructure électrique que cela nécessite. Qui plus est il existe des méthodes pour le faire de façon à régénérer les milieux agro-forestiers et à les préserver vis à vis des incendies massifs que l’on voit maintenant se développer un peu partout sur la planète. Des possibilités importantes existent également dans les océans (“Blue Carbon”).
Non seulement les bioénergies ne rejettent pas de carbone fossile dans la biosphère, mais elles absorbent en plus du carbone atmosphérique dont elles en recyclent une partie en cycles courts et injectent le reste dans les sols, le sous-sol ou les fonds marins ou lacustres où il reste piégé sur des temps longs, voire géologiques.
En résumé, pour décarboner l’atmosphère, développons beaucoup plus fortement les (bio)énergies carbonées, terrestres comme marines !
Réunion zoom du Groupe Mines ce mercredi 11 octobre 16h (heure Paris)
-Retour du congrès de la SIM à Bordeaux : réduction empreinte environnementale tout en assurant un approvisionnement en minéraux toujours plus important et diversifié.
Séance inaugurale du 4 octobre avec B Gallezot délégué interministériel et E Hache IFPEN spécialistes de l’approvisionnement des minerais stratégiques.
-L’approche ACP Energies lors du forum « Préparation COP28 » du 20 octobre
-Guinée Conakry : AGTS/Apave mines et Local Content Rio Tinto
-Maroc : Phosphate OCP
-Sénégal : Projet GCO (Eramet), et Mine d’or Kédougou Teranga Gold
-Ghana traitement des effluents miniers par Véolia
-Congo Kore Potash à Pointe Noire. Centre de Formation Pétrole et Mines.
-Point sur les matériaux critiques pour l’économie française, minerais stratégiques en Algérie
